Le philosophe Jacques Bouveresse, spécialiste de Wittgenstein et des questions de langage et de science, est décédé à l’âge de 80 ans, a-t-on appris mardi auprès du Collège de France.

«L’administrateur, l’assemblée des professeurs et toute la communauté du Collège de France apprennent avec une profonde tristesse le décès de Jacques Bouveresse, professeur émérite, titulaire de la chaire Philosophie du langage et de la connaissance de 1995 à 2010», a indiqué l’institution dans un communiqué transmis à l’AFP.

Le langage nous importe en philosophie parce que la réalité nous importe

Jacques Bouveresse en 1995

«Ils rendent hommage à un professeur qui a profondément marqué le Collège de France par sa grande exigence intellectuelle et philosophique et par sa simplicité naturelle», a-t-elle ajouté.

L’indépendance de la pensée

Originaire du Doubs, formé à l’Ecole normale supérieure et docteur en philosophie, Jacques Bouveresse s’est passionné pour le philosophe autrichien Ludwig Wittgenstein (1889-1951), qui a approfondi les questions de logique et de langage.

En 1998 dans «Le Temps»: Jacques Bouveresse: Le Philosophe et le Réel

Lors d’années 1960 marquées par l’hégémonie du marxisme et du structuralisme dans le champ intellectuel, il a défendu la clarté, l’indépendance de la pensée et le débat démocratique et contradictoire. Il s’est intéressé par la suite à la philosophie des sciences, les mathématiques et la physique principalement.

Outre plusieurs livres sur Wittgenstein, il est l’auteur d’une œuvre abondante, consacrée notamment à l’écrivain et satiriste autrichien Karl Kraus (1874-1936), ainsi qu’au sociologue Pierre Bourdieu (1930-2002).

«Le langage nous importe en philosophie parce que la réalité nous importe», disait-il lors de sa leçon inaugurale au Collège de France en 1995.