«Je voudrais moins raisonner que communiquer une vision, ou plutôt: la faire naître dans l’esprit du lecteur. Je voudrais, non pas discourir, mais faire voir.» Telle est la maxime que suit, de livre en livre, dans un cheminement à la fois personnel et partagé, Jean François Billeter, ancien professeur d’études chinoises, notamment à l’Université de Genève. Faire voir quoi? Que «nous sommes tous des sujets», qu’en tant que sujets, nous nous formons dans «l’activité», et que notre conscience naît de cette activité même, au sein de notre corps. «La pensée se forme dans la nuit du corps», dit-il ainsi dans l’un de ses précieux aphorismes qu’il lâche au fil de son élégante prose.