Le 24 février 2022 restera un jour de sidération. Alors que de nombreux observateurs imaginaient cette issue improbable, voire impossible, la Russie de Vladimir Poutine envahit l’Ukraine de Volodymyr Zelensky. Le jour même sur les réseaux, puis le lendemain dans la presse, des images de guerre nous envahissent. Le hashtag #Ukraine devient l’un des plus utilisés, et le flux d’images ne cessera pas, entre témoignages personnels, photojournalisme et propagande, lorsque par exemple le couple présidentiel ukrainien prend la pose pour Vogue.

Comme elle l’avait déjà fait spontanément au printemps au Musée des beaux-arts du Locle, Nathalie Herschdorfer a décidé de montrer à Photo Elysée, institution qu’elle dirige depuis le 1er juin, une sélection d’images prises en Ukraine. Proposée au sein de l’espace gratuit LabElysée, la petite exposition #Ukraine présente le travail de huit photographes et pose en préambule cette équation: «Il convient de se demander si cette profusion s’apparente à̀ du bruit ou si elle aide au contraire à̀ établir des faits.»

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Sur le premier mur, on découvre une mosaïque de premières pages de journaux de quotidiens. Les photos qu’on peut voir en «une» ne sont pas anodines puisqu’elles ont été choisies afin de refléter au mieux ce qui est raconté dans les pages intérieures. Elles sont récentes mais font déjà partie de l’Histoire. Six pages du Temps permettent par exemple, en lisant les gros titres, d’analyser avec un léger recul la sidération des premiers temps de l’invasion.

«L’Ukraine s’écroule», lisait-on ainsi le vendredi 25 février. Le 7 mars, ce sont les victimes qui sont mises en avant: «Les civils broyés par la guerre». Puis, le 17 mars, cette question à laquelle il est aujourd’hui encore impossible de répondre: «La guerre, jusqu’où?» Après cette entrée en matière, #Ukraine propose différentes représentations de la guerre, du travail du Français Michel Slomka réalisé à partir d’images satellites trouvées sur Google, à la série Scars of a Lost Humanity, dans laquelle l’Ukrainienne Lisa Bukreyeva montre les traces laissées par la guerre, comme ce toboggan criblé de trous, miroir d’une génération sacrifiée.


«#Ukraine – Images de la guerre», Photo Elysée, Lausanne, jusqu’au 29 janvier 2023. Entrée libre. Retrouvez tous les articles de la rubrique «Un jour, une idée».