Concert

Le piano magique de Lubomyr Melnyk

Le Festival de la Bâtie invite l'artiste d'origine ukrainienne, spécialiste de la «continuous music»

La légende et un certain goût pour les formules pétaradantes ont fait de lui le pianiste «le plus rapide du monde». Mais Lubomyr Melnyk, invité ce samedi 10 septembre à Genève par le Festival de La Bâtie, n’est de loin pas qu’un Lucky Luke du clavier: à 67 ans aujourd’hui, l’artiste d’origine ukrainienne, improbable hybride de Verlaine et de Raspoutine, a développé une œuvre d’une délicatesse et d’une puissance rares – et singulière également dans sa manière de parvenir à mêler un profond lyrisme mélancolique aux canons très physiques de la performance.

On accorde à Melnyk l’invention, sinon d’un style, du moins d’une technique de jeu particulière, appelée aujourd’hui «continuous music»: des arpèges effectivement très rapides, auxquels un usage sans frein de la pédale de sostenuto permet de développer des harmoniques qui s’éploient en fractales. C’est d’une beauté rare, directe, extrêmement enveloppante, un étonnant mélange de vitesse de surface et de déplacements tectoniques dans les harmonies qui se créent par accrétion. On peut, pour s’en rendre compte, entrer dans son œuvre par la fin en se plongeant dans le magnifique «Rivers and Streams», publié l’an passé chez Erased Tapes.

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