Ses débuts se sont faits à l'enseigne du cinéma érotique. En composant la bande originale d'Emmanuelle en 1974, Pierre Bachelet fut happé par le succès d'un long-métrage devenu culte. En même temps que Sylvia Kristel faisait fantasmer la France entière, la BO du film s'écoule dans le même temps à près d'1,5 millions d'exemplaires.

La même année, le natif de Roubaix devient chanteur sur le tard avec «L'Atlantique». Trente et un ans plus tard, cet amoureux de la mer qui a duettisé avec la navigatrice Florence Arthaud et écrit l'une de ses premières chansons en hommage à la disparition en mer d'Eric Tabarly («Le Voilier noir», 1998) laisse le souvenir d'un homme discret ayant traversé la chanson sans vagues. Il est décédé mardi matin à 60 ans des suites d'une longue maladie, à son domicile de Suresnes (Hauts-de-Seine).

De musiques de publicités, de documentaires et de films (Coup de tête de Jean-Jacques Annaud, Les bronzés font du ski de Patrice Leconte et Les enfants du marais de Jean Becker notamment) en quelques albums de facture classique mais toujours de qualité (Elle est d'ailleurs, Les Corons, Vingt ans ou La Ville ainsi soit-il sur des textes de l'écrivain Yann Quéfellec), l'interprète de l'hymne au Nord minier que reste «Les Corons» a mené son parcours au rythme de ses envies, loin des projecteurs du show business.

Entre de nombreux voyages, ce propriétaire de bateau et détenteur d'un brevet de pilote d'avion s'était également fendu il y a deux ans d'un bel hommage à Jacques Brel, silhouette belge avec laquelle on l'a d'ailleurs comparé tout au long de sa carrière. C'est le dernier album que Pierre Bachelet ait enregistré, avant de célébrer son soixantième anniversaire l'an dernier sur la scène du Petit Journal Montparnasse de Paris.