Primairement, la notion de «sauvegarde du patrimoine industriel» apparaît comme incongrue: valoriser les usines désaffectées, admirer les rotondes ferroviaires, prendre un coup de vertige sur un barrage, ce serait célébrer le moment où l’homme a mis le doigt dans la révolution machiniste qui a façonné le monde d’aujourd’hui, tel qu’il est. C’est bien entendu une vision très resserrée du problème: le sentiment de beauté qui germe à la vue de ces cathédrales de tôle, s’il est fatalement subjectif, est très largement partagé. Ce sont là d’impressionnantes réalisations du génie humain – et ce génie est le même que celui qui, aujourd’hui, se réverbère dans les cleantechs.

A Genève, l’Association pour le patrimoine industriel (API), fondée en 1979, se donne pour mission «la sauvegarde et la mise en valeur» de ce pan de l’histoire humaine. Elle édite des livres, organise «des séminaires, des rencontres et des manifestations pour susciter et favoriser l’intérêt de la conservation de ce patrimoine». Elle offre un refuge aux machines.