Pierre Ducrey. Hans Ulrich Jost. Jean Rodolphe de Salis, les intellectuels et la Suisse. Chronos, 144 p.

«Un témoin, un penseur, un sage»: tel était pour beaucoup l'historien et chroniqueur Jean Rodolphe de Salis (1901-1996), à qui l'Université de Lausanne consacrait un colloque en décembre 2001. Les actes qui paraissent aujourd'hui, en français ou en allemand (avec des résumés dans l'autre langue), examinent le rapport à la Suisse de cet observateur passionné de l'Europe, de ce francophone qui enseignait en français au Poly de Zurich, de cet esprit malicieux qui adorait provoquer. On y découvrira aussi sa conception du rôle de l'intellectuel, notamment pendant la guerre grâce à sa chronique de Radio Beromünster, sa critique de l'étroitesse helvétique et ses relations avec de nombreux écrivains, de Rainer Maria Rilke et Guy de Pourtalès à Pierre Jean Jouve. Dans les contributions de Robert Kopp et surtout de Pierre Ducrey, des extraits de lettres montrent la variété des intérêts de Jean de Salis comme son indépendance de jugement sur Flaubert, Proust ou Monique Saint-Hélier, son amie, à propos de qui il confesse s'être bien gardé de lui dire qu'il trouvait ses romans «tarabiscotés»…