SUSPENSE 

Pierre Lemaitre s’offre une parenthèse

Après «Au revoir là-haut», 
le romancier signe «Trois Jours et une vie», roman noir en mode mineur

Comment se remet-on d’un triomphe? Au revoir là-haut, Prix Goncourt en 2013, a dû plonger son auteur, Pierre Lemaitre, dans ce genre d’interrogations. Roman picaresque autour de deux anciens soldats de la Première Guerre mondiale, Au revoir là-haut s’est vendu à plus de 600 000 exemplaires. Une trentaine de pays ont acheté les droits de traduction des aventures de ces jeunes gars détruits par la guerre puis rejetés par la société, la paix revenue.

Trois Jours et une vie est donc le roman d’après. Alors? Alors après le marathon, Pierre Lemaitre choisit la petite foulée de santé. Suspense psychologique plus que roman noir, Trois Jours et une vie est une histoire d’enfants. Antoine a 12 ans quand il tue sans le vouloir le petit Rémi Desmedt, 6 ans, d’un coup de bâton. Nous sommes à Beauval, en 1999. Quand le drame se produit, le lecteur s’est déjà totalement identifié au petit Antoine, à sa solitude d’enfant unique, au père absent et à la mère triste. Le chien Ulysse est alors l’ami le plus sûr du petit garçon doux. Nous vivrons son angoisse d’être découvert, au fil des heures, des jours, puis des années. La culpabilité est un plat qui se mange glacé. Jusqu’au coup de théâtre final.

Impeccable de justesse, Trois Jours et une vie tient le lecteur en haleine. L’intrigue est malgré tout trop resserrée pour en faire un ouvrage qui marque. En-cas signé par un excellent romancier, le livre laisse sur sa faim. Disons-le autrement: il ouvre l’appétit pour la suite d’Au revoir là-haut, annoncée pour 2017.

 

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