Pierre Naftule signera sa treizième Revue genevoise

Nomination L’humoriste Laurent Nicolet et l’acteur Antony Mettler sont aussi de la partie

A Genève, la Revue 2015 aurait pu avoir les couleurs d’Alain Morisod, de Thierry Meury et de Laurent Deshusses. Le trio, emmené par Frédéric Hohl à la production, avait toutes ses chances de succéder à Philippe Cohen et Gaspard Boesch, qui viennent de livrer une sixième et dernière édition réussie (LT du 28.11.2014).

Le ministre de la Culture de la Ville de Genève, Sami Kanaan, en a décidé autrement. Il a préféré reprendre un leader incontesté du genre: Pierre Naftule et ses 400 éclats de rire à la soirée. «C’est la condition du succès», explique l’intéressé, qui réalisera sa treizième Revue et première avec Antony Mettler et Laurent Nicolet, autres élus du jour. «Dans ce type de spectacle, on peut bien mettre des claquettes, du mime, des hologrammes ou jouer en japonais. Tant que l’écriture n’est pas bétonnée et ne produit pas entre 400 et 500 rires par soir, c’est mort.»

Allusion directe au style cabaret et métissé de ses prédécesseurs. Le ton sera-t-il plus mordant que celui du tandem précédent? «Pas forcément. Quand on est méchant, le public prend le parti de la victime!» Pour le moment, Pierre Naftule a un autre souci: «Comment va-t-on récupérer le public qui s’est détourné? Lorsque j’ai œuvré pour la Revue entre 1990 et 1995, puis entre 2003 et 2008, j’avais une moyenne de 30 000 spectateurs par année. Le nombre est tombé à 15 000 sur l’ensemble des six dernières éditions. Il faudra repopulariser le rendez-vous.»

Assurer la relève

L’auteur, plume acide de Marie-Thérèse Porchet, semble impitoyable avec ses concurrents. Il pense pourtant à la relève. «Parmi les candidats de cette édition, il y avait aussi une équipe très dynamique, LesArts, de jeunes humoristes talentueux, mais sans doute pas assez expérimentés pour reprendre en si peu de temps une telle production. On va les inclure pour trouver de nouveaux angles d’écriture, plus en phase avec la jeune génération.»

Et la scénographie? Sera-t-elle de nouveau signée Gilles Lambert? «Oui, j’ai tellement appris avec lui. C’est un maître du décor, qui a un œil et une sensibilité», salue Pierre Naftule, déjà très mobilisé sur la future Revue.