Interview terminée, il se remet en marche avec une souplesse et un dynamisme à peine croyable pour un homme de 86 ans. Mais il passe le pied dans la poignée d’un sac qui traînait au sol, ne s’en rend pas compte et déambule dans le salon sans qu’on puisse le rattraper. Une scène stupéfiante, digne d’une de ses comédies des années 1970.

Un peu plus tôt, celui qui a dit un jour «même mon passé est imprévisible» évoquait Saint-Jean-du-Bruel, splendide village aveyronnais, le regard presque grave: «Les verres sous les halles, les baignades dans la Dourbie, les champignons à l’automne… Ce sont des grands moments de ma vie, que je regrette.» L’humour malgré lui, la mélancolie à fleur de peau: voilà deux faces d’un Pierre Richard très occupé malgré le chômage technique qui frappe les acteurs depuis un an.