Ralentissement, décroissance, pas de côté, retraite anticipée. Quels que soient les mots qu'on pose sur ces choix de vie, ce sont autant d'éloges de la fuite qui séduisent en ces temps de pandémie et de surpopulations urbaines. Piers Faccini a choisi d'emprunter ces voies-là depuis plus de quinze ans, sans jamais le regretter. Il habite une bâtisse incroyablement accueillante à la pointe sud-est des Cévennes. Au fond d'une impasse, mais c'est en fait une grande ouverture sur la lumière de l'existence. Au bout de son jardin, une grande cabane fait office de studio d'enregistrement et d'atelier peinture. Pour s'y rendre, il faut traverser plusieurs espèces de cistes, du thym qui recouvre les murets, de sublimes euphorbes pour une touche architecturale unique. Un mélange qui donne une impression de fouillis, mais c'est un leurre savamment imaginé: il a tout planté lui-même en sachant très bien où il allait. Un lieu idéal pour une conversation débridée, avec des senteurs exaltées par un printemps enfin humide.