Depuis 1940, c’est sous le patronage de Walt Disney que les jeunes générations font la connaissance de Pinocchio. D’une indéniable qualité graphique, moralement irréprochable, le dessin animé a le défaut d’édulcorer le conte cruel de Carlo Collodi, d’en gommer certaines bizarreries inquiétantes pour entonner des ritournelles pleines d’espérance.

Directeur de la Fondation du Château de Saint-Maurice, Philippe Duvanel n’est pas plus malin que les autres: c’est sous le regard paternaliste de l’oncle Walt qu’il a découvert Pinocchio, mais aussi dans un livre plus ambigu édité par les Editions Silva. Il s’est senti «attiré par cette histoire singulière et ce personnage semblable à nul autre, attachant parce qu’il est en bois, une matière que j’aime beaucoup. Il diffère des super-héros américains car son unique pouvoir est incontrôlable: son nez s’allonge lorsqu’il ment…»