Classique

Le plaisir s’invite dans la prochaine saison de l’Orchestre de chambre de Genève

La formation maintient ses spécificités artistiques et solidifie ses bases administratives. Le mandat d’Arie van Beek a été prolongé de trois ans à l’unanimité

L’Orchestre de chambre de Genève, pour le plaisir

Classique La nouvelle saison de l’OCG maintient sa spécificité et solidifie ses bases

Il y a toujours, avec Arie van Beek, une notion de plaisir. A concevoir les programmes, à défendre les musiciens, à approfondir et faire progresser le travail, puis à partager ses sentiments. C’est certainement pour ces raisons, parmi d’autres, que le chef de l’OCG a été réélu à l’unanimité des musiciens pour trois ans à la tête de l’orchestre qu’il dirige depuis le même nombre d’années.

Sa signature? Ouvrir la musique à d’autres modes d’expression, arts et formats, en développant des dialogues féconds entre les disciplines. A une condition pourtant: le respect absolu de la musique. «Ne pas défigurer ou gêner le discours musical est primordial. Partant de là, on peut imaginer de belles aventures», se plaît-il à rappeler.

Cette année encore, il y aura donc de la joie à découvrir d’autres univers en concert. Au gré des sept soirées d’abonnement organisées selon quatre formules à choix, les affiches ont été conçues selon des résonances entre les œuvres, les genres, les compositeurs, les époques ou les interprètes.

Le rendez-vous le plus marquant se situe en fin de parcours. Les fameux 24 Lieder du Knaben Wunder­horn de Mahler, réunis dans un film de Clara Pons, seront interprétés par le baryton Dietrich Henschel. Le chanteur sera aussi acteur, dans la projection déroulée en simultané derrière lui. Cette coproduction internationale avec six partenaires de haut vol signale l’altitude à laquelle l’OCG veut se situer.

Au rang de la diversité, il faut aussi signaler une intrusion lyrique avec le singspiel Des Schauspieldirektor de Mozart dirigé par Leonardo Garcia Alarcon. Pierre-Emmanuel Rousseau signera une mise en espace de l’ouvrage, en collaboration avec l’Opéra de chambre de Genève. Et pour fêter les 90 ans de la compositrice Betsy Jolas, ses Quatre Psaumes d’Heinrich Schütz répondront à la Symphonie «pastorale» de Beethoven.

Un cadre pour les musiciens

On ne peut évidemment citer tous les rendez-vous, mais ceux avec le violoniste Tedi Papavrami, l’Ensemble vocal de Lausanne, le Sinfonietta de Lausanne ou les concerts «Voyage, voyage…» et «Bach-Made» sont à suivre de près. Les onze Hors-série (chœurs, Grand Théâtre, Concours, Famille, Concerts du dimanche…), les quatre Heures musicales et le Concert de Noël élargissent enfin une saison déjà bien riche, dans laquelle on pourra encore découvrir deux créations mondiales.

Ce qui est à remarquer, outre ce parcours artistique mûrement élaboré, c’est aussi la volonté de la fondation d’offrir un cadre plus structurant à la quarantaine de musiciens professionnels permanents, travaillant à mi-temps. La convention collective de travail, en négociation depuis deux ans, est en phase de finalisation. Elle devrait être signée en juin.

Restent les chiffres. La fréquentation est passée, en trois saisons, de 3800 à 4800 spectateurs pour les concerts de soirée, malgré une rationalisation des productions. Et avec un budget d’environ 3 millions (45% publics, 55% privés), l’OCG présente 56 concerts dont 45 prestations externes. Un joli équilibre.

Rens. 022 807 17 90, www.locg.ch

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