Le spectacle le plus intelligent de l’automne. Le plus stimulant aussi. Le metteur en scène José Lillo s’offre un géant, un sage qui traverse les âges, un empêcheur de penser au ras des écrans: Platon en personne et sa République, monument à étages multiples où s’élève une cité de rêve. A Genève, dans un Théâtre Pitoëff bondé, devant des classes d’ados chamboulés et intéressés, des acteurs rompus à la maïeutique joutent. Dans leurs bouches, les fondations d’une société, la notion de bien, la recherche d’un système politique qui respecte toutes les composantes d’une communauté. Tout est posé, contesté, redéfini: plaisir pur de ce qui ne va jamais de soi.