Quoi de plus normal que le Hongrois Kornel Mundruczo, en cadet de la compétition 2002, ouvre le bal de cette 55e édition? Qu'y a-t-il de plus évident que, du haut de son jeune âge (27 ans), il propose une histoire de bébé? Ce qui l'est moins, malheureusement, c'est l'imbroglio sinistre dans lequel il invite (et perd) le festivalier.

Elevé à la Hungrian University of Film and Drama de Budapest, Mundruczo saisit pourtant dès les premières images: une jeune femme accouche sur le sol d'une laverie, donne son bébé à une autre jeune femme, compte l'argent qui lui revient, s'allume une cigarette.

Drame d'une mère porteuse dans la Hongrie d'aujourd'hui? Certes. Passé les premières minutes, pourtant, le cinéaste s'égare. Formellement d'abord, son passé de court métragiste se confronte à celui de documentariste: Mundruczo piétine entre le tape-à-l'œil et le réalisme qui le pousse, parfois sans réelle cohérence, à filmer caméra à l'épaule. Le récit s'en ressent et s'embrouille: Peter, le frère de la mère acheteuse, jeune repris de justice, tombe amoureux de la mère porteuse.

Récit du pire qui se veut le portrait d'une jeunesse hongroise écorchée, Pleasant Days se fane, malgré son titre ironique, à force de sérieux empesé.

Un grand nettoyage, mais à sec, qui aurait mérité de se laisser salir par davantage de spontanéité. Celle de ses acteurs, par exemple, tous excellents, tous mis en péril par la présence animale de Tamas Polgar, le jeune interprète de Peter, acteur amateur que le réalisateur est allé recruter en prison. Le passage de Locarno en festival de catégorie A (lire ci-dessus) permet à Kornel Mundruczo, dont c'est le deuxième long métrage, de côtoyer en compétition des signatures comme celles d'Alain Cavalier ou de Gus Van Sant. Il n'est pas certain que ce prestigieux voisinage serve vraiment de petits films comme Pleasant Days.

Pleasant Days (Szép Napok), de Kornel Mundruczo (Hongrie). Vendredi 2, Fevi, 16h30, et samedi 3 août. Rex, 22h.