On le sent, la cravate le serre, comme le rôle qui va avec. Kiefer Sutherland excelle en incarnant Tom Kirkman, le gratte-papier promu président, dans Designated Survivor, série dévoilée ces temps aux Etats-Unis. L’acteur est aussi coincé que durant les longues saisons de 24 Heures chrono, mais cette fois, son attitude héroïquement rigide sied à merveille. Après tout, le personnage doit diriger la première puissance mondiale à la suite de la pire attaque qu’elle ait connu.

Une procédure réelle

La série repose sur un protocole existant. Pendant le discours sur l’état de l’Union, toutes les huiles étant dans la salle, un membre de l’administration est mis en sécurité, au cas où. Et le cas survient; l’attentat, des centaines de morts, dont le gouvernement. Tom Kirkman doit prendre ce poste peu enviable, surtout qu’il s’agit de traquer les terroristes alors que le pays s’embrase dans l’islamophobie. La fiction repose sur trois piliers: la chasse aux tueurs dans des pays arabes, l’investigation sur l’événement et la troublante absence d’un député au moment crucial, ainsi que les troubles intérieurs. Dans le quatrième épisode, Kirkman va jusqu’à fédéraliser la garde nationale du Michigan pour empêcher l’extension des troubles anti-musulmans, attisés par un gouverneur droit dans son Etat.

La série pourrait faire jaser, mais non

Diffusée en pleine campagne présidentielle, Designated Survivor pourrait faire jaser. Elle le fait peu. Strictement cadrée dans son registre de thriller, elle s’étend en séquences venues de 24, la seule différence étant que Jack-Tom est cette fois le donneur d’ordres.

Le pan intérieur

C’est sur son flanc domestique que la série présente le plus grand intérêt. J’ai vu le quatrième épisode mercredi 12 octobre à Oxford, Mississippi, cité universitaire qui s’est enflammée en 1962, lorsque le jeune noir James Meredith voulait s’inscrire comme étudiant. Embarrassé comme jamais par les tensions communautaires, J. F. Kennedy avait pris le contrôle de la garde nationale locale et envoyé 4000 soldats pour permettre l’immatriculation du militant. Les scénaristes de Designated Survivor se nourrissent de ce moment d’histoire, et d’autres. Cette résonance peut plaire. Mais jusqu’ici, on ne sait trop ce qu’ils veulent nous dire.


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