Les polices de caractères sont partout. Pourtant nous prenons rarement le temps de nous intéresser au dessin des lettres que nous lisons. Cette semaine, «Le Temps» vous propose une plongée dans le vaste univers de la typographie.

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En 1989, la fonderie bâloise Haas, dont l’histoire remonte à la Renaissance, doit mettre la clé sous la porte. Cause de l’effondrement, en l’espace de quelques années, d’une entreprise dépositaire d’un savoir-faire pluricentenaire: l’arrivée de l’informatique. L’industrie typographique, que ce soit dans la production de polices de caractères, dans leur distribution, ou dans la composition des textes, a été touchée très rapidement et de plein fouet par le grand chamboulement numérique.

Jusque dans la seconde moitié du XXe siècle, l’impression se faisait principalement à l’aide de caractères coulés en métal, une technique remontant à l’invention de l’imprimerie au XVe siècle par Gutenberg et qui n’a que peu évolué depuis l’invention de la Linotype en 1885, qui permettait d’entrer les textes ligne par ligne dans la machine. Avec l’arrivée de la photocomposition dans les années 1960, on passe de lettres en trois dimensions à des négatifs en deux dimensions, une première révolution majeure, à laquelle l’entreprise vaudoise Bobst Graphic et le typographe Adrian Frutiger participent notoirement. Petit à petit, les machines deviennent de plus en plus liées à l’électronique puis, seconde révolution, numériques.