C’est l’une de ces figures noires comme on en rencontre quelques-unes traversant l’histoire de l’undergound britannique. William Bennett se fit tout d’abord connaître au début des années 80 avec son projet Whitehouse, mené avec Philip Best: du grand chambard(ement) de la musique industrielle (pensez Throbbing Gristle, SPK, Boyd Rice, etc…), Whitehouse fournissait un des volets les plus esthétiquement éprouvants, jouant le transgressif aux points de vue sonore (tout chez eux s’entendait comme pur assaut de bruit) et moral, multipliant l’imagerie d’accointances troubles tant au niveau sexuel que politique.

Cut Hands, que Bennett mène en solo, se veut d’un abord moins controversé: projet centré sur la percussion et le rythme, les trois albums qu’il échelonne à ce jour (Afro Noise en 2011, Black Mamba en 2012, et Festival of the Dead en 2014) dessinent une forme de programme esthétique, qui pourrait s’entendre comme la recréation fantasmée – ou cauchemardée – de la rythmique du continent noir. Et de fait, Cut Hands propose une musique qui échappe volontairement à la frénésie du polyrythme pour en garder la signature générale, simplifiant ses entrelacements, ralentissant son tempo, et le lestant de tout le poids d’un arsenal électronique percussif. Le résultat est puissant, sombre, hypnotique – et l’on comprend toute la part de fantasmatique ici à l’œuvre: s’il est question de vaudou dans cette musique, ce serait d’un rite exécuté sous une pluie glacée.

Le Romandie. Place de l’Europe 1a, Lausanne. Ve 2 octobre à 23h. La soirée est coorganisée par le blog Think Tank et le Lausanne Underground Film and Music Festival (LUFF).