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Narcisse dans la vidéo de l'Université de Lausanne.
© Unil/Le Temps

Editorial

De la poésie, pour tous, maintenant

EDITORIAL. Le Printemps de la poésie débute lundi dans toute la Suisse romande. Une occasion de sortir la tête hors du quotidien

De la poésie? Pour quoi faire? Rien, justement. Si ce n’est mieux regarder, mieux respirer, mieux célébrer l’instant qui passe et qui n’est déjà plus. Lundi s’ouvre la 3e édition du Printemps de la poésie, une manifestation qui a son cœur à l’Université de Lausanne et qui essaime dans toute la Suisse romande, réunissant sous la bannière de l’enthousiasme des manifestations qui parfois existaient avant le festival et qui, par effet de masse, font de la région, pendant 15 jours, un foyer poétique vibrant.

Lire aussi: Trente poètes romands face caméra

Les mots qui grattent

Or il n’y a qu’à regarder la vidéo du poète Narcisse, en avant-première sur le site du Temps, pour se rappeler que les mots ici grattent, sonnent, interpellent, réveillent d’une façon qui suspend le cours des choses, ce flux tendu quotidien où la vitesse mène le bal. Les poètes, comme tous les artistes, travaillent la pulsation (par le son, le rythme, la couleur), celle-là même qui fait battre le cœur. Le poème ramène au corps, à ses cycles, de vie et de mort, à la farandole des générations. Tout entière dans la transmission, la poésie se réinvente en permanence dans le terreau séculaire des émotions humaines et des formes pour les dire. Dans un monde converti aux rythmes marchands dont la clé de mesure est le 24/24h, ni jour ni nuit, ni passé, ni futur, Un Monde en toc, pour reprendre le titre du livre de Rinny Gremaud, la poésie permet de relever la tête.

L’université au premier plan

C’est pour cette raison qu’il n’est pas anodin que ce soit l’université qui joue ici un rôle moteur. L’institution remplit son rôle citoyen en accueillant le Printemps de la poésie, en conviant tous les publics, enfants, parents, amateurs, simples curieux et chercheurs. En permettant à la poésie de sortir de son invisibilité marchande et en rappelant que son chant, de la comptine à la prière, est présent tout au long de la vie. Peut-être une révolution que seule la poésie pouvait mener, ouvrant les portes de l’Académie, en douceur, avec la force de l’évidence. Après mois de débats sur l’utilité du service public, ce festival est un manifeste à lui tout seul.

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