Le thème du concours était «La joie de vivre». Huit candidats, parrainés par Lacoste et le Musée de l’Elysée, à Lausanne, ont reçu 4000 euros pour développer un projet. Le meilleur aurait dû être désigné en janvier prochain et doté de 25 000 euros. Le Musée de l’Elysée a annoncé mardi soir l’interruption de la compétition, suite à «la volonté du partenaire privé d’exclure Larissa Sansour».

L’institution refuse d’en dire davantage, précisant seulement que l’artiste palestinienne est invitée – en marque de soutien – à exposer son travail à Lausanne. La photographe, elle, commente sur son site internet: «Absolument choquée de voir Lacoste révoquer ma nomination officielle […]. Nation Estate a été censuré car jugé «trop pro-palestinien». C’est profondément troublant».

Silence de Lacoste

Le projet en question met en scène un Etat palestinien cantonné à un gratte-ciel. Sur une image, un panneau égrène les étages, près de l’ascenseur: Lobby, Souq, Jerusalem, Ramallah… Une autre voit un olivier crever le sol de béton. Des clichés qui font réfléchir, à l’heure où l’Autorité palestinienne a déposé une demande de reconnaissance auprès des Nations unies. Une requête qui irrite infiniment Israël. Est-ce cela? Lacoste, sur sa page web, n’évoque pas l’affaire et personne ne répond au téléphone. Le dernier communiqué est consacré à deux villas-hôtels pensées par la marque à Essaouira.

Le Lacoste Elysée Prize avait été lancé en 2010 afin de soutenir la jeune création. L’an dernier, c’est l’artiste chinois Di Liu qui avait remporté la bourse.