Les personnes bilingues parlent deux langues. C’est une vérité numéraire. Il en existe une troisième – de vérité, de langue – qui se situe entre les lignes des idiomes «officiels». Née du jonglage permanent qu’implique leur coexistence, elle est sculptée dans le frottement du vocabulaire, des phonétiques et des syntaxes, mais aussi, et surtout, des contextes culturels, géographiques et personnels du locuteur concerné. Cette «interlangue», faite d’intraduisibles et de néologismes, est un espace intime au lexique fluctuant, imagé, parfois comique et maintes fois nostalgique.