Classique

Polina Pasztircsak remporte le Concours de Genève

La soprano hongroise, 27 ans, a su convaincre le jury au terme d’une finale inégale. Avec trois candidats sur six, la Corée était en forte représentation

«Vous voyez, le public et le jury sont souvent d’accord! Simplement, les oreilles des experts perçoivent quelquefois des choses que les auditeurs n’entendent pas.» Didier Schnorhk, secrétaire général du Concours de Genève, prend gentiment sa revanche. Alors que la non-attribution du Premier Prix de percussion avait provoqué un tollé, dimanche dernier (LT du 10.11.2009) au Bâtiment des forces motrices, la finale chant, jeudi au Grand Théâtre, a vu converger les opinions de l’assistance et de la commission artistique. Polina Pasztircsak, 27 ans, a remporté le Premier Prix et le Prix du public, ainsi que les lauriers spéciaux «Cercle du Grand Théâtre» et «Coup de Cœur Breguet».

La Hongroise a largement dominé le dernier round de la compétition. Timbre clair et puissant, teinté parfois d’une touche de colorature, elle a su prendre le parti de l’expression plutôt que de la pure démonstration virtuose. Sensuelle, quoiqu’un brin trop vibrée dans « Mi restano le lagrime» extrait de l’opéra Alcina de Haendel, cette soprano formée au Conservatoire de Ferrare a surtout convaincu dans Richard Strauss. Son interprétation de «Beim Schlafengehen», l’un des Vier letzte Lieder, révèle une compréhension consommée de la ligne mélodique, sereine malgré l’orchestration tortueuse du compositeur allemand (l’OSR dirigé par Giuliano Carella).

Forte présence coréenne

Le reste des candidats faisait la part belle aux nouvelles voix d’Extrême-Orient, d’un niveau variable. Sur les six finalistes, trois étaient originaires de Corée, dont un très beau Deuxième Prix attribué à la mezzo-soprano Jung-Mi Kim (30 ans), impressionnante d’aplomb dans les acrobaties de «Nacqui all’affano… Non più mesta», extrait de La Cenerentola de Rossini. A noter que la délégation coréenne représentait 14 des 33 jeunes chanteurs sélectionnés pour participer à cette 64e édition, nouvelle preuve de l’expansion constante du vivier musical asiatique.

La Française Marie-Adeline Henry a quant à elle empoché le Troisième Prix. Voix typée et charnue, tout en rondeurs et en courbes, la soprano de 29 ans a donné beaucoup de corps à «Il ne revient pas», issu du Faust de Charles de Gounod. Jonas Pulver

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