Comme pour son quatrième album, Avril, c'est un clapotis de vagues qui ouvre et scelle le concert de Laurent Voulzy. Ce son de flux et reflux aura aussi rythmé les agréables variations de cadences et d'ambiances imposées par le chanteur et compositeur à son répertoire déjà trentenaire. Durant près de deux heures et demie, l'enceinte de l'Arena de Genève s'est laissée chavirer, vendredi soir, par ce spectacle aussi précis que coloré.

Après neuf ans d'absence sur les scènes, le perfectionniste Voulzy n'a négligé aucun détail pour enrober sa pop sucrée aux «guitares bubblegum». Décor grandiose, fins musiciens – dont Manu Katché qui se dédouble sur deux batteries – éclairages savants et projections animent la scène sans jamais parasiter l'intimisme des chansons.

Devant cinq hautes ogives d'ampoules et autant de rosaces lumineuses, une dizaine d'écrans plasma, Voulzy alterne mélodies récentes («Slow down», «Mary Quant», «Jésus», «Quatre nuages» ou la biguine «Amélie Colbert») et compositions archiconnues («Belle-Ile-en-Mer», «Cœur grenadine», «Bopper en larmes» ou «Le soleil donne»). Chaque fois, les configurations instrumentales changent pour éviter le naufrage de la routine. Charmeur, malicieux, Voulzy se montre à l'aise dans tous les costumes.

A l'heure des rappels, il insuffle au medley sixties «Rockcollection» des airs inédits de disco, présente son équipage – sans oublier l'homme de l'ombre Souchon – sur une rythmique latino. Avant de clore seul à la guitare un concert frais, joyeux et léger qui venait aussi de se montrer ambitieux le temps d'un long morceau à l'indolence hindouiste hypnotique.