«Nous venons de recevoir le parrainage de l’Unesco!» Metin Arditi ne cache pas son enthousiasme. Cofondateur de la Fondation Les Instruments de la Paix – Genève, il raconte son désir de soutenir la musique au Proche-Orient.

Tout commence par l’envoi de plus de 600 CD, et l’idée d’un concert de bienfaisance. «Nous avons ensuite financé l’achat de quatre pianos et d’une centaine d’instruments à vent et à corde, à destination du Conservatoire palestinien, de même que l’envoi de partitions.» Des professeurs du Conservatoire de Genève sont allés donner des cours sur place, avant la venue ici de quatre jeunes musiciens.

«Evidemment, quatre c’est peu. Une question de moyens, d’abord. Mais c’est également une première, un test. Et puis sur place, ces jeunes vont devenir des inspirateurs.»

Le coût global de l’opération s’élève à «quelques centaines de milliers de francs par année», pris en charge par Metin Arditi et la Ville de Genève. La suite? «Une école au nord d’Israël qui correspond à nos critères de multiculturalisme.» Avec l’idée de faire jouer Juifs et Arabes ensemble? «Je ne construis pas tout cela pour que quelques musiciens jouent ensemble un soir, et reprennent l’avion le lendemain chacun de son côté. Notre priorité est de favoriser l’accès à la musique. Au fond, le plus important est de leur donner la capacité de vivre ensemble. Et la musique agit dans ce sens, en mettant de la beauté dans leur vie et en faisant d’eux de meilleures personnes.»