Nouvelle venue sur la scène alpine, elle n'est pourtant pas née de la dernière bruine d'altitude. La soprano russe, énergie conquérante, œil de biche et profil d'héroïne puccinienne, a dans son jeune bagage de mémorables expériences scéniques, «je ne connais rien de mieux que la scène» étant son leitmotiv préféré. Elle est une des sopranos favorites du chef russe Valery Gergiev, et Nikolaus Harnoncourt a entendu en elle la Donna Anna qu'il recherchait pour son Don Giovanni au Festival de Salzbourg. Elle se met peu à peu au récital. Ce n'est pas pour Rachmaninov, ni pour Strauss ou Debussy, qu'elle aime, ni encore pour Wagner («C'est mon univers préféré, mais je ne pourrai jamais le chanter», convient-elle), mais pour Pergolèse et son Stabat Mater. Loin des grands volumes, c'est du côté des équilibres précaires qu'Anna Netrebko ira chercher, faisant la paire avec la Tchèque Magdalena Kozená sur les cordes cisaillées du Giardino Armonico.