Il a toutes les caractéristiques du pianiste de la nouvelle génération: tonus, éclat, fraîcheur, mais aussi sensibilité. Lang Lang est le dernier poulain de Martin Engström, qui vient de le prendre sous son aile chez Deutsche Grammophon. Ce garçon de 20 ans né en Chine, qui s'est perfectionné aux Etats-Unis, adore jouer en public. Il interprète Haydn avec malice, il s'intéresse aussi aux compositeurs russes. Son enregistrement du Premier Concerto de Tchaïkovski vient de paraître sous le label jaune, où il déploie sa stupéfiante palette de couleurs et d'émotions, accompagné par un Orchestre symphonique de Chicago lourdingue (s'étonnera-t-on que Daniel Barenboim dirige…). Son modèle? Vladimir Horowitz, dont il admire le tempérament de feu. Si Martin Engström lui entrevoit un avenir immense, on hésite à lui décerner l'étoile du prophète. Une chose est sûre: son jeu dégage une force magnétique indiscutable, séduit par le raffinement du toucher, mais son goût trahit une tendance à la guimauve.