«Un mètre trente-quatre de haut, avec des bras courts, sept doigts, quatre à gauche, trois à droite…» La notice est signée de l'intéressé, histoire d'éviter dès le départ d'inutiles précautions. Thomas Quasthoff préfère les garder pour son répertoire favori, comme ces Lieder de Schubert et de Brahms – tout en force expressive, en intelligence rythmique et en couleurs ombrées – qu'il a gravés chez Deutsche Grammophon. Ou Bach, qu'il a régulièrement enregistré depuis une dizaine d'années. Le chanteur allemand travaille désormais avec Boulez et Simon Rattle, dont la vieille amitié l'a poussé ce printemps sur la scène de Salzbourg. A Verbier, il revient au lied, dans des versions orchestrées où intervient le chef Christoph von Dohnányi, ou avec James Levine qui se met au piano pour l'occasion. Véritable artiste en résidence de la dixième édition, il répond aussi présent pour un programme Brahms avec Magdalena Kozená, et quelques écarts acidulés dans un cross-over Sinatra et Gershwin.