Scènes

Postuler comme cadre? Une guerre des nerfs

Partout en Suisse romande, «La méthode Grönholm» montre à quel point un candidat à un poste haut placé peut être malmené. Passionnant et effrayant

Le Fribourgeois Julien Schmutz aime et réussit les thrillers psychologiques. En 2014, il mettait en scène Douze hommes en colère, le standard de Reginald Rose sur la peine de mort dont Sidney Lumet a tiré un film culte en 1957, et proposait une version précise et puissante de ces délibérations sous haute tension. Pareil impact avec La méthode Grönholm, spectacle créé l’an dernier qu’il reprend ces jours sur les scènes romandes. Même s’il n’est pas question de vie ou de mort dans la pièce à succès du Catalan Jordi Galceran, Julien Schmutz capte l’audience avec cette vigoureuse bataille entre quatre candidats pour un poste de cadre dans une multinationale. Mardi soir, à Nuithonie, près de Fribourg, le public a ri, réfléchi et frémi. Le spectacle est ce vendredi 15 février à Bulle, puis il va à Sion, Yverdon et Bienne.

L’affrontement pour le poste n’est pas standard. Les candidats, trois hommes et une femme, pensent venir pour un entretien individuel classique; ils se retrouvent enfermés dans une pièce et soumis à des joutes étranges dont les consignes parviennent par tablette interposée. Le premier test? Le quatuor doit trouver l’intrus, c’est-à-dire lequel d’entre eux n’est pas un candidat, mais un collaborateur de l’entreprise déguisé. Ambiance! De conjectures en hypothèses, le ton monte, mais le doute reste entier. Deuxième test? Elire qui, parmi eux, a le profil de leader. Belle empoignade, là aussi…