On se croirait dans une grotte. Dans l’entrée obscurcie, une projection minérale d’images en noir et blanc. De vieilles Ford s’enfoncent dans les sables du Sahara. Le soleil crépite sur la pellicule décolorée. Un bivouac au milieu du désert. Des visages brunis et enthousiastes. Le vent gonfle les voiles d’une tente, les dunes sont des vagues. Un chevalet est ancré entre deux roches. Dans le creux d’une caverne, de jeunes peintres penchés sur leurs croquis. En face, l’une des plus grandes énigmes de l’art: les peintures des premiers hommes.

L’œil s’attarde sur le documentaire, puis fuit vers une percée lumineuse. Et se brûle presque. D’une fresque monumentale jaillit le soleil d’Afrique. Les couleurs suintent l’ocre. Le papier a la texture d’une roche, la peinture sillonne le relief. Un tourbillon de silhouettes cavalcade dans ce désert préhistorique. Des hommes qui dansent et qui chassent, des antilopes grandes et petites, zèbres aiguisés et formes amorphes. Une ombre blanche s’élève dans le ciel. On recule d’effroi devant un gigantesque éléphant d’ivoire.