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Les présages déjantés de «Good Omens»

David Tennant et Michael Sheen incarnent, dans une mini-série totalement absurde imaginée par l’esprit d’«American Gods», un ange et un démon devant empêcher la fin du monde. A voir sur Amazon Prime

Le serpent la tenta, et Eve mangea la pomme… C’est à l’occasion de cette scène biblique qu’Aziraphale et Crowley se rencontrent pour la première fois. Anges et démons font rarement bon ménage, mais ces deux-là sont clairement faits pour s’entendre. S’ensuivent 6000 ans d’amitié, traversant les âges et les lieux, de la Rome antique au Globe de Shakespeare, jusqu’à la fin du monde, rien que ça. Good Omens réunit le pas si maléfique que ça David Tennant (Doctor Who, Broadchurch), à la dégaine nonchalante de vieille star du rock, et l’adorable Michael Sheen (vu dans Masters of Sex), flamboyant de classe anglaise. Et la mini-série vaut essentiellement pour cette paire, dont l’alchimie est jouissive. Leur amitié éternelle prend même des airs de romance tant ils semblent inséparables, au point de rêver à une fuite commune.

Démesure et éclairs de génie

Mais la belle échappée, ce n’est pas pour aujourd’hui, puisque l’Apocalypse se profile et que les deux compères cherchent à retrouver le jeune Adam, ou l’antéchrist, haut comme trois pommes mais futur responsable de cette fin du monde. C’est Neil Gaiman qui est aux manettes de cette création décalée, adaptée de son propre roman écrit avec Terry Pratchett dans les années 1990. Et, manifestement, la subtilité et la mesure n’entrent pas dans son vocabulaire.