J’écoutais récemment une grande interview radiophonique de l’écrivain Erri De Luca. Une de ses réflexions m’a frappée. Elle est toute simple, elle concerne l’écriture et la lecture.

Il était question je crois des lecteurs ou des lectrices qu’Erri De Luca imaginait lorsqu’il était en train d’écrire. Or, a répondu l’auteur de Montedidio, ce destinataire hypothétique, idéal à qui il s’adresserait, ce public, «son» public, n’existe pas. «Le mot public? Non, je n’ai pas un public, disait-il. J’ai un lecteur ou une lectrice […] Toujours, entre un lecteur et un écrivain, il y a un rapport d’un à un. C’est une relation dualiste, et donc apolitique, parce que la politique commence à trois. Là, on reste deux: un qui lit et un qui écrit.»