C'est son avocat qui a fait savoir ce mardi matin que le réalisateur de Tess renonçait finalement à présider les Césars.


Le choix de Roman Polanski, accusé d’un viol dans les années 1970 aux Etats-Unis, pour présider la cérémonie des «Oscars français» avait suscité dès le départ un appel au boycott et des critiques des féministes et d'une ministre, jetant une ombre sur cette fête du cinéma.

La ministre française des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a jugé vendredi dernier  «surprenant et choquant» le choix, annoncé mercredi, du réalisateur franco-polonais comme président de la cérémonie des César, plus hautes récompenses du cinéma français, qui se tiendra le 24 février.

«C'est un choix qui témoigne, de la part de ceux qui ont décidé de le nommer président des César, d'une indifférence à l'égard des faits qui lui sont reprochés», a-t-elle estimé.

Le réalisateur de «Tess», du «Pianiste» ou de «Rosemary's Baby», qui a reçu de nombreux prix à travers le monde, est toujours poursuivi par la justice américaine pour le viol présumé d'une mineure en 1977.

La ministre de la Culture Audrey Azoulay s'est en revanche abstenue de critiquer la décision de l'académie des César: «son choix lui appartient», a-t-elle estimé. «Les faits en cause sont particulièrement graves. Mais ils sont aussi très anciens», a-t-elle dit. «Cette affaire poursuivra Roman Polanski toute sa vie. Il demeure néanmoins un cinéaste de très grand talent».

Lire: Roman Polanski menacé d'un boycott par les féministes aux César

Jeudi, une association féministe, Osez le Féminisme, avait exprimé sa «colère» et appelé à un rassemblement de protestation le jour de la cérémonie, le 24 février,  devant la salle Pleyel à Paris, où seront remis les César.

«Alors qu'est menée une réflexion sur les délais de prescription pénale pour les victimes de violences sexuelles (...), la désignation de Roman Polanski est un pied de nez indigne fait aux nombreuses victimes de viols et d'agressions sexuelles», a critiqué l'association.

Dès l'annonce de la présidence de Roman Polanski, un appel au boycott avait été lancé sur les réseaux sociaux, sous le hashtag #boycottcesar.

Une pétition sur change.org pour la «destitution de Roman Polanski comme président des César» a aussi été initiée. Elle avait recueilli plus de 62 000 soutiens ce mardi.