L’histoire, terrible, tragique, se déroule à Kaboul à l’été 1998, au plus fort du règne sanglant des talibans. Atiq est gardien de prison. Lorsqu’il va devoir veiller sur une jeune femme condamnée à être lapidée dans un stade, pour satisfaire les hauts dignitaires d’un régime barbare et moyenâgeux, ses convictions vont vaciller. De même que Mohsen va être profondément ébranlé par sa participation, comme s’il n’avait pu agir autrement, à une exécution par jets de pierres. Atiq et Mohsen ne vont jamais se rencontrer, mais leurs destins sont profondément liés: la femme emprisonnée dans les geôles du premier n’est autre que Zunaira, l’amoureuse du second.

Publié en 2002, Les Hirondelles de Kaboul est avec L’Attentat un des romans les plus fameux de l’écrivain algérien Yasmina Khadra. Voici qu’il devient aujourd’hui film d’animation, dans une coproduction franco-suisse coréalisée par l’actrice et réalisatrice Zabou Breitman et la dessinatrice Eléa Gobbé-Mévellec, qui avait notamment travaillé sur une autre adaptation, celle de la BD de Joann Sfar Le Chat du rabbin.

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Porté par des dessins aux teintes pastel aussi délicats que le récit est sombre, le film démarre sur un rythme lent, avant de proposer une formidable et glaçante montée en puissance à partir de l’emprisonnement de Zunaira, et jusqu’à un final sacrificiel profondément bouleversant. Il sortira en septembre dans les salles et, d’ici là, de nombreuses femmes auront encore été les victimes expiatoires de régimes prônant un retour à l’obscurantisme. Pas de printemps pour les hirondelles.