C’est le constat fataliste du directeur de l’un des plus grands musées d’Europe: «Les valeurs d’assurance vont monter au-delà de nos capacités. […] Les musées vont devoir écrire une autre histoire de l’art […] et l’Albertina se concentrer sur ce qui est bon marché», déplorait, en décembre dernier, Klaus Albrecht Schröder, le patron de cette institution viennoise abritée dans l’ancien palais des Habsbourg, lors d’une interview au journal Le Monde. L’explosion des prix – «complètement obscène», selon lui –, enregistrée lors de la vente de la collection Paul Allen, le cofondateur de Microsoft (1,6 milliard de dollars de produit chez Christie’s New York, les 9 et 10 novembre), a suscité l’ire du directeur autrichien. Adieu aux grands noms empruntés à des musées étrangers et aux expositions blockbusters. Place au recentrement sur les collections de l’Albertina.