Les portraits, forcément, sont émouvants. Regarder une personne mourir, même lentement, n’est jamais anodin. D’avril 2013 au printemps 2015, Tony Kunz a photographié Wolfgang, 50 ans au début du projet, atteint d’un cancer du colon. La série rappelle celle de Steeve Iuncker, qui a fait poser (et poser pour) Xavier, sidéen, pendant deux ans tous les jeudis à 15h. Ou encore le très beau reportage de l’Américaine Nancy Borovick sur ses parents touchés par un cancer avancé.

Mais Tony Kunz a souhaité apporter une touche de légèreté. A l’hôpital, lors des nombreuses visites de Wolfgang, les images ont été prises sur le vif, en composant avec le cadre médical. Wolf apparaît las et fragile, un homme malade. Chez Wolf – titre donné à la série –, elles ont été mises en scène. Le type au pull vert pose englouti dans un fatras de cartons et sacs-poubelles, un casque de moto sur la tête ou étendu dans la neige avec ce qui ressemble à un déclencheur d’appareil photographique à la main. Absurde comme la mort?

Tony Kunz exposera son travail le mois prochain à la galerie Focale, et reçoit 5000 francs de soutien à la production.


Tony Kunz: Wolf, du 6 novembre au 18 décembre à la galerie Focale, à Nyon.