La 28e édition du Prix de Lausanne a cette année encore révélé un excellent niveau chez les jeunes danseurs sélectionnés pour la finale du Concours. Sur 163 candidats issus de 30 pays (dont seulement 30 garçons), 31 ont été retenus pour la demi-finale, puis quinze pour la dernière étape, dont une Suissesse – Claudine Schoch – et un jeune Brésilien, Thiago Bordin-Figueiredo, qui s'est mystérieusement désisté au dernier moment. Le danseur se serait retiré devant la possibilité de gagner une bourse qui, automatiquement, lui aurait fait quitter son école actuelle. Pression d'un de ses professeurs? Les rumeurs allaient bon train devant cette décision qui, du même coup, a empêché un autre danseur de figurer comme finaliste.

Avec 13 prix en tout, dont celui de l'Excellence qui n'a pas été attribué cinq années consécutives, et quelques lots de consolation, les finalistes ont tous été assurés d'une récompense. Les prix consistent en des bourses d'école ou de stages gratuits auprès des grandes compagnies pour une durée d'un an. Dix de ces récompenses sont accompagnés d'une somme de 14 000 francs, ce qui rend le Prix de Lausanne très attrayant aux yeux de jeunes danseurs venus du monde entier, et dont les conditions financières sont souvent précaires.

Le public, enthousiaste et sensible, a marqué une nette préférence pour les danseurs au tempérament puissant. Celui qui a suscité le meilleur score à l'applaudimètre s'appelle Jeroen Verbruggen. Le jeune Belge a montré un brio et une énergie explosive dans ses trois variations, et particulièrement celle de Giorgio Mancini, révélant une aisance, un humour et une spontanéité dans le répertoire contemporain qu'aucun autre candidat n'a pu égaler. Sa performance lui a valu un Prix Bourse et le Prix du Téléspectateur, remis par la TSR.

Les Japonais, venus nombreux, sont incontestablement les gagnants de cette édition 2000 du Prix de Lausanne. Chez les hommes, Masayoshi Onuki repart avec le Prix professionnel, après avoir interprété avec allure, précision et fierté sa variation classique («Désiré»). Moins à l'aise dans le registre contemporain, il gagne un Prix Stage dans une grande compagnie internationale de son choix. Avec une très bonne qualité d'ensemble, le troisième japonais Kenta Shimizu obtint quant à lui le Prix d'Interprétation contemporaine ainsi qu'une bourse d'étude.

Moins nombreux que les femmes, mais dotés d'une énergie remarquable, les hommes – au nombre de quatre pour la finale – ont été particulièrement acclamés rendant, hélas, plus difficile l'appréciation et la finesse des talents féminins. Notamment la prestation de Yuriko Kajiya, aussi subtile que technique, dans son interprétation de «Giselle». La jeune fille s'est montrée encore plus convaincante et éblouissante dans sa variation contemporaine «Roof Top Action» de Pierre Wyss sur une musique de Philipp Glass. La Japonaise, qui a prouvé un réel talent artistique à 16 ans seulement, a remporté un Prix Bourse.

Une reconnaissance qui fait rire l'assemblée

Quant à la Suissesse Claudine Schoch, 17 ans, elle a fait preuve d'une belle aisance et qu'une qualité technique indéniable, mais peut-être pas suffisamment affirmée dans sa personnalité artistique. Le jury lui a remis le Prix du meilleur Suisse, une reconnaissance qui a fait rire l'assemblée puisque la jeune fille n'avait aucun concurrent direct. Autre motif de détente et de sourire parmi les spectateurs, la maladresse de certains lauréats, qui sous le coup de leur émotion, ont trébuché en montant sur le podium.