Le Prix Pictet au travail de Michael Schmidt

Photographie L’artiste allemandest récompensé pour ses imagessur la productionà grande échelle

Il remporte 100 000 francs

Michael Schmidt se définit comme un «photographe d’impasse». Un travail de cul-de-sac qui lui a fait décrocher hier soir le Prix Pictet, doté de 100 000 francs suisses. Par cette métaphore, il entend signifier qu’il creuse ses sujets jusqu’au bout, consacrant plusieurs années à chacun d’eux.

La série récompensée, Lebensmittel, tourne autour de la question alimentaire. De 2006 à 2010, le Berlinois a photographié des briques de lait, des paysans au travail, des poissons en cage et des cochons bientôt sacrifiés. En noir et blanc, plus rarement en couleurs, les clichés se succèdent sans indication de lieu ni de contenu, suscitant une réflexion sur la manière dont est produit ce que l’on mange. Schmidt aligne les images avec une rigueur toute germanique, sans tomber dans le pathos ni l’accusation; c’est le nombre et l’approche frontale qui font la force de la série. A chacun, ensuite, de forger son opinion.

Le jury a validé. Il était notamment composé de David King, ­conseiller du gouvernement britannique pour le changement climatique, du photographe Luc Delahaye – lauréat 2013 – ou de Martin Roth, directeur du Victoria and Albert Museum de Londres. Depuis cinq ans, le Prix Pictet récompense un projet susceptible de sensibiliser le public à la problématique du développement durable. Le concours 2014 avait pour thème la consommation. Allan Sekula, Hong Hao ou Mishka Henner figuraient parmi les candidats.

C’est le nombre d’images et l’approche frontale qui font la force de la série