prix littéraires

Le Prix Renaudot à Scholastique Mukasonga

La Rwandaise Scholastique Mukasonga, dont la famille tutsie a été massacrée en 1994, a été couronnée mercredi par le prestigieux prix littéraire français Renaudot pour «Notre-Dame du Nil» (Gallimard), a annoncé le jury

L’écrivaine rwandaise, qui ne figurait pas dans la sélection finale, a obtenu six voix au dixième tour de scrutin.

Le roman a pour cadre le lycée de jeunes filles Notre-Dame du Nil, perché sur une crête près des sources du grand fleuve égyptien, où les familles pensent mettre leurs filles à l’abri des tentations avant le mariage en les plaçant dans ce pensionnat isolé.

Sur le même sommet montagneux, dans une plantation à demi-abandonnée, un Blanc âgé peint des jeunes filles tutsies, persuadé que cette ethnie descend des pharaons noirs de Méroé.

Prélude au génocide rwandais, le livre décrit un huis clos où doivent vivre ces lycéennes bientôt encerclées par les nervis du pouvoir hutu. Amitiés, désirs, haines, luttes politiques, incitations aux meurtres raciaux, persécutions, etc., le lycée devient un microcosme existentiel fascinant de vérité.

Née en 1956 au Rwanda, Scholastique Mukasonga connaît dès l’enfance la violence et les humiliations des conflits ethniques qui agitent son pays. Sa famille est déplacée dans une région insalubre. En 1973, l’auteure doit s’exiler au Burundi et elle s’établit en France en 1992.

En 1994, vingt-sept membres de sa famille, dont sa mère, sont massacrés.

Elle publie douze ans plus tard «Inyenzi ou les Cafards», récit autobiographique chez Gallimard. Puis «La Femme aux pieds nus» (2008, Gallimard), hommage à sa mère.

C’est le quatrième auteur africain à être couronné par le Prix Renaudot ces dernières années, après l’Ivoirien Amadou Kourouma pour «Allah n’est pas obligé» (2000), le Franco-Congolais Alain Mabanckou pour «Mémoires de porc-épic» et le Guinéen Tierno Monénembo pour «Le Roi de Kahel» (2008).

Scholastique Mukasonga a déjà reçu pour «Notre-Dame du Nil» le Prix Ahmadou Kourouma, décerné en Suisse, du nom du grand romancier ivoirien, qui récompense un ouvrage, essai ou fiction, consacré à l’Afrique noire.

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