Une institution de soutien à la culture comme Pro Helvetia ne peut ignorer le phénomène des jeux vidéo. C’est le nouveau credo de ses responsables, qui ont annoncé mardi le lancement d’un programme doté de 1,5 millions de francs sur deux ans.

L’approche est double. D’entente avec l’Office fédéral de la culture, la Fondation veut encourager l’avènement de jeux à valeur ajoutée, en termes de design et d’esthétique. «Un peu comme l’Etat soutient le cinéma», illustre le directeur Pius Knüsel. Le jeu video d’auteur, à l’instar du film d’auteur. Un concours de prototypes de jeux sera lancé. Les promoteurs publics n’ont pas l’intention de commercialiser des programmes, mais laisseront leurs créateurs libres de les déployer ensuite sur des plateformes, si l’occasion se présente.

D’autre part, à l’heure où le débat sur la nocivité de cette pratique ne faiblit pas – les Chambres envisagent ainsi une interdiction des jeux violents – Pro Helvetia veut les explorer comme «forme d’art». Dès le coup d’envoi du programme, au Festival Fantoche de Baden en septembre prochain, les organisateurs proposeront une série de tables rondes, expositions et activités en lien avec les jeux, afin de nourrir «une approche différenciée et critique», annonce Ulrich Götz, responsable du programme «game design» de la Haute école d’art de Zurich. Le plan de Pro Helvetia comprend notamment une exposition à la Maison d’Ailleurs, à Yverdon, sur les mythologies du jeu, à l’hiver 2011, ainsi que des symposiums durant Cinémas tous Ecrans et le festival du film fantastique de Neuchâtel, l’année prochaine.