Le ministère public brésilien a réclamé lundi le limogeage du ministre de l'Environnement Ricardo Salles, accusé du «démantèlement de la protection environnementale» qui a entraîné en particulier la déforestation, les incendies et l'exploitation minière illégale.

Un groupe de douze procureurs a demandé à la justice d'écarter le ministre de manière «urgente» et de le condamner pour «malhonnêteté administrative» à des peines allant notamment de la «perte de la fonction publique» à la «suspension des droits politiques» et au paiement d'une amende.

Le Ministère public fédéral a accusé Ricardo Salles dans un communiqué d'avoir «favorisé des intérêts n'ayant aucune finalité avec la charge qu'il occupe» et d'avoir promu intentionnellement «par des actes, des omissions et des paroles», l'«affaiblissement de la protection de l'environnement».

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Il affirme également que le ministre -accusé par plusieurs secteurs de promouvoir la déforestation en soutenant la légalisation d'activités agricoles et minières dans des zones protégées- est responsable de la «réduction de 25% du budget du ministère de l'Environnement et de la paralysie du Fonds Amazonie, un fonds international de lutte contre la déforestation».

Salles accuse les procureurs de parti pris politico-idéologique

Cette attitude de Ricardo Salles, ont estimé les procureurs, «a contribué de manière directe à la hausse de la déforestation et aux incendies, surtout dans la région amazonienne» en 2019 qui ont suscité de vives critiques au niveau international à l'égard du gouvernement de Jair Bolsonaro.

Le ministre a estimé auprès de l'Agence France-presse (AFP) que les procureurs «faisaient preuve d'un parti pris politico-idéologique dans le dessein clair d'interférer avec la politique publique du gouvernement fédéral».

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La forêt amazonienne a perdu 318 000 km2 du fait de ces incendies en 2019, un record. Plusieurs organisations de protection de l'environnement ont prévenu que 2020 allait être l'une des plus destructrices pour l'Amazonie.