L’industrie de la musique live est suspendue aux prochaines déclarations du Conseil fédéral, qui s’apprête à annoncer les règles à appliquer à partir de septembre. Pour l’heure, les rassemblements jusqu’à 1000 personnes sont autorisés, pour autant que les spectateurs soient divisés en des groupes distincts de maximum 300 personnes. Cette contrainte va-t-elle être assouplie? Michael Drieberg ne cache pas son inquiétude.

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Directeur de la société Live Music Production (LMP), l’un des deux plus importants organisateurs romands de concerts et spectacles, il scrute quotidiennement ce qui se passe ailleurs dans le monde. Et pour le Genevois, qui se base notamment sur ces deux territoires importants que sont la Grande-Bretagne et l’Allemagne, «on ne va clairement pas dans la bonne direction». Se pose notamment le problème des tournées internationales, qui, au vu de la situation, ne sont pas près de reprendre.

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Faillites redoutées

Pour l’heure, LMP a à son agenda de la rentrée un concert complet de Lara Fabian au Théâtre du Léman et un spectacle de Jérémy Ferrari à Genève et à Lausanne. Si la limite à 1000 spectateurs reste de mise, ils seront annulés. D’autres événements qui n’ont pas fait le plein pourraient être organisés, avec la garantie de laisser des sièges vides. Mais si la jauge est revue à la baisse, LMP risque de ne pas pouvoir reprendre ses activités avant le printemps 2021. «Trois quarts des sociétés travaillant dans l’événementiel risquent la faillite», s’alarme Michael Drieberg.

Le promoteur plaide pour des mesures coordonnées, là où règne un grand flou. «Nous proposons des plans, mais rien n’est validé par écrit. Personne ne semble vouloir prendre ses responsabilités et devoir assumer les conséquences en cas de problème. Or nous, organisateurs de concerts, nous ne sommes pas des spécialistes du Covid-19. Nous ne sommes pas plus de dix, en Suisse, à programmer de gros événements. Mais la Confédération ne nous a jamais réunis autour d’une table pour réfléchir.»

Aides nécessaires

Anya della Croce déplore elle aussi ce manque de coordination, d’autant plus depuis que la compétence est revenue aux cantons. Coordinatrice romande de Petzi, la Fédération suisse des clubs et des festivals de musiques actuelles, elle estime à l’instar de Michael Drieberg que, faute de mieux, le masque obligatoire pourrait être une solution. Tout comme le traçage obligatoire, avec pour le spectateur le risque de se voir ordonner une mise en quarantaine.

«Il est important que les clubs et salles de concert ne perdent pas le lien avec leur public», souligne la Vaudoise en avouant que les membres de Petzi, dont les recettes ne reposent que sur la billetterie et les bars, redoutent plus que tout une baisse de la limite des 1000 spectateurs. «Il nous faut des aides, car notre secteur ne travaille pas dans des perspectives de trois-quatre jours, mais de trois-quatre mois.»