Technologie

Les promesses 
des nouvelles blockchains

Du bitcoin à des chaînes de blocs privées, la garantie que des données puissent être infalsifiables donne lieu à de nouvelles applications

A l’instar de la blockchain Tezos dévoilée fin juin, des projets de nouvelles chaînes de blocs sont dévoilés chaque semaine aux quatre coins du monde. Ces plateformes offrent de plus en plus de fonctionnalités et sont souvent moins consommatrices d’énergie. 

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Une blockchain est souvent décrite comme un registre numérique et décentralisé, sans organisme central susceptible de le contrôler. On peut aussi dire qu’il s’agit d’une technologie qui serait l’équivalent de ce qu’est le protocole TCP/IP pour l’internet. C’est-à-dire une infrastructure en perpétuelle évolution, qui permet d’échanger des données et de développer toute une variété d’activités. Car «la blockchain offre un espace sur lequel les données sont inaltérables», résume Roland Venesz, responsable de la technologie à l’incubateur genevois Fusion.

Du bitcoin 
aux «smart contracts»

La première des applications basées sur cette garantie d’inaltérabilité a permis au grand public de découvrir la blockchain: le bitcoin. Cette chaîne de blocs de première génération «s’est construite sur une promesse très simple, celle d’un système d’échange de valeur décentralisé et sans intermédiaire», poursuit Roland Venesz, qui est également actif dans le Blockchain Lab, une plateforme genevoise de conseil et de soutien aux projets sur la blockchain. Avec un fonctionnement très simple: le système vérifie que chaque utilisateur ne peut dépenser que ses propres bitcoins, avec un système de validation par consensus.

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Deuxième génération de blockchain, Ethereum «a apporté la possibilité d’ajouter des smart contracts, c’est-à-dire des contrats qui déclenchent automatiquement des transactions selon des critères fixés à l’avance», détaille Tim O’Hear, président de la fondation genevoise impactIA, spécialisée dans l’intelligence artificielle. Par exemple, un paiement serait automatiquement déclenché en cas d’accident d’une voiture assurée via un smart contract. Créé à Zoug par Vitalik Buterin, Ethereum permet aussi de «créer son propre univers, ses propres cryptodevises ou ses propres cryptoparticipations», précise encore Tim O’Hear. La facilité avec laquelle ces actifs sont échangeables a permis l’éclosion des ICO, ces levées de fonds entre financement participatif et introduction en bourse.

Représentant d’un troisième type de blockchain, le projet Hyperledger, mené par la fondation Linux, autorise quant à lui la création de blockchains privées. Et donc contrôlables par un ou plusieurs participants. «Des acteurs de la logistique, par exemple, peuvent se mettre d’accord pour échanger des informations sur une blockchain qui serait fermée au monde extérieur, poursuit Tim O’Hear. Dans cette configuration, il est possible que deux utilisateurs suffisent pour valider une transaction et que des données soient modifiées ou effacées.»

Registre du commerce

Autre variante de ces blockchains fermées, qui n’utilisent pas non plus de mécanisme de validation publique: un registre du commerce, comme celui de Genève, qui utilise la blockchain. «Seul le registre lui-même peut valider la signature d’un nouvel administrateur dans une entreprise, mais cela n’empêche pas que ces informations soient d’utilité publique.»

Et les futures blockchains? Des projets comme Toda prévoient de pouvoir assurer des milliers de transactions par seconde, sans nécessiter de puissants ordinateurs. Une autre direction pointe vers un plus grand partage de données, conclut Tim O’Hear: «Par exemple le partage sur la blockchain de nos données médicales, en les cryptant pour les protéger et en choisissant nous-mêmes quel médecin y a accès. Ou le partage de revenus d’un nouveau projet, qui peut se définir en une cinquantaine de lignes de codes seulement, et être ensuite complètement automatisé.» 

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