La Diabla (le surnom qu’elle s’est choisi) boite désormais: elle n’arrive plus à détendre les muscles de sa jambe, qui ne cessent de se contracter depuis que les policiers l’ont contrôlée. Travailleuse du sexe (TDS) transgenre – elle revendique cette étiquette –, elle n’a plus eu de rapport sexuel tarifé depuis que l’interdiction de la prostitution est entrée en vigueur le 16 mars. Malgré ses difficultés financières, elle suit scrupuleusement les directives de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) autant pour se protéger que pour ne pas enfreindre la loi. Lorsque les policiers l’ont appréhendée, questionnée puis l’ont accusée de racoler, elle s’est sentie humiliée et rabaissée. Comme beaucoup d’autres TDS, elle n’a d’autre revenu que ceux que lui procurent le téléphone rose, le sexe virtuel via webcam et les aides de l’association Aspasie, mais elle craint de ne pouvoir tenir longtemps comme ça. Et comme si cela ne suffisait pas à sa détresse, les clients la poursuivent avec insistance et les policiers la menacent.

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