Quand vous stationnez dans une file d'attente, sachez que le nombre de visiteurs dans les locaux est strictement limité, non pour des raisons de visibilité des œuvres mais pour des raisons de sécurité. Au Louvre, pour l'exposition Léonard de Vinci sous la Pyramide, la commission de sécurité a fixé un maximum de 450 personnes à la fois et au Musée du Luxembourg la limite est de 400, ce qui n'empêche pas, dans les deux cas, de devoir se tordre le cou pour pouvoir contempler les œuvres.

Emmanuel Brelot, qui est chef de projet chez l'architecte Michel Wilmotte et qui a conçu la scénographie de l'exposition Léonard de Vinci, explique que l'espace est prévu pour faciliter le flux du public et la vision, mais que, pour des dessins aussi petits, il faudrait presque organiser une file devant chacun d'eux, solution difficile à imposer après la longue attente à l'entrée.

Même si des efforts importants ont été entrepris pour améliorer l'accueil, élargir les horaires d'ouverture et créer des systèmes de réservation, la RMN n'a pas encore adopté l'idée que les expositions doivent être conçues pour le public; on peut s'en réjouir au nom de la non-rentabilité de l'art ou le regretter pour la lisibilité des œuvres et le confort des visiteurs. Alain Madeleine-Perdrillat reconnaît volontiers que les commissaires considèrent trop souvent qu'elles sont d'abord destinées aux spécialistes et au développement de leurs recherches.

Sylvestre Verger, l'administrateur général du Musée du Luxembourg (lire ci-contre), est dans une situation différente. «Je ne peux pas me permettre des aménagements austères et des artistes confidentiels, je n'en ai pas les moyens. La scénographie, les éclairages, cela fait partie de l'événement. Si je n'ai pas vendu assez de billets, je ne peux pas organiser l'exposition suivante. C'est le public qui paie mes expositions, je fais donc des expositions pour lui.»