Ballet

«Le public cible du Prix de Lausanne, ce sont les jeunes de 15-18 ans»

Lire le portrait d’Ugo Cirri, candidat suisse au Prix de Lausanne

«Notre public cible? Les 15-18 ans»

Questions à

Qui a dit que le Prix de Lausanne était vieux jeu? Qu’il n’intéressait qu’un cercle nostalgico-romantique? Pas Stéphane Lagonico, nouveau président du Prix de Lausanne. Ce vendredi, l’avocat vaudois aura un pincement au cœur, peut-être, en assistant au premier acte du concours: quelque 70 candidats, dont cinq Suisses, tenteront de décrocher leur place pour la finale de samedi – vingt élus. Dans les coulisses du Palais de Beaulieu, une nuée d’observateurs commenteront les prestations des prétendants. Parmi eux, et c’est un symbole, des blogueurs chinois et russes. Ces derniers témoignent du rajeunissement de la joute lausannoise. Alors, Monsieur le président, changement de régime?

Stéphane Lagonico: Nous voulons profiter des nouveaux moyens de diffusion, des réseaux sociaux notamment. Vous pouvez rencontrer ces jours une jeune blogueuse chinoise qui filme, photographie, interviewe les candidats. Près de 160 000 personnes like notre page Facebook. La chaîne YouTube du Prix de Lausanne connaît elle aussi un beau succès, avec plus de trois millions de vues sur l’ensemble de l’année. L’autre bonne nouvelle, c’est que la chaîne Arteplus diffusera la finale samedi.

– Quel est votre public cible?

– Nous ne visons pas seulement les fidèles qui ont pris d’assaut la finale – près de 2000 personnes. Mais tous ces jeunes qui ont entre 15 et 18 ans, qui sont sur les réseaux et qui s’apprêtent à suivre en streaming la compétition. C’est à eux qu’on veut parler.

– Quels sont vos atouts?

– Dans le domaine, il n’y a aujourd’hui pas mieux, même l’historique concours de Varna en Bulgarie, qui a fêté l’an passé ses cinquante ans. Nos partenariats avec les grandes écoles sont plus nombreux, songez que cette année, la Vaganova Ballet Academy de Saint-Pétersbourg nous a rejoints. Ce qui nous caractérise, c’est la rigueur des délibérations du jury, le fait qu’ici il n’y a pas de trafic d’influence.

– Par le passé, le Prix de Lausanne s’est exporté à Moscou, New York, Paris. Est-ce encore d’actualité à l’heure où tout un chacun dans le monde peut assister au concours?

– C’est une question que nous nous posons. Mais pourquoi ne pas imaginer une édition en Asie, à Tokyo ou Séoul? L’avantage d’être sur place, c’est qu’on stimule les vocations, qu’on donne envie de participer à notre concours. La formule s’est avérée payante en Argentine. Nous avons coorganisé des présélections à deux heures de Buenos Aires qui ont débouché sur des candidatures sud-américaines.

– Si vous deviez faire un rêve…

– J’aimerais que les plus grandes compagnies accueillent à des postes clés des lauréats du prix. Parce que nous sommes aussi une sorte d’école.

Prix de Lausanne, finale sa 7, entre 15 et 18h; www.prixdelausanne.org

Publicité