«J’ai vécu pour me venger d’être», dit l’homme aux animaux, à la première ligne. En onze «promenades», sur plus de cinq cents pages, il va déverser devant leur silence un discours fabuleux. Ce texte envoûtant et énigmatique, Valère Novarina en a expliqué l’origine dans un entretien: «Le livre s’est écrit ici, à la montagne, au milieu des animaux. J’en avais vingt-deux à l’écurie, j’ai été surpris par la neige, un vingt septembre, et je me suis retrouvé dans un isolement complet pendant quinze jours. Il y avait sept chèvres, des poussins, des dindons, des moutons et un porc nommé Nixon. Je poussais la porte de l’écurie et j’avais quarante-quatre yeux fixés sur moi. C’est de là qu’est venu le titre Le Discours aux animaux

Dès 1986, André Marcon l’a porté à la scène, le texte s’est amplifié, enrichi au cours des années, d’autres l’ont repris. Il se prête à la profération, au cri, au murmure. Mais la lecture silencieuse permet de butiner ou de se noyer dans ce flot de mots nouveaux, d’images fantastiques, de déclarations troublantes. On peut ouvrir ce gros livre au hasard, comme les fondamentalistes la Bible, pour en extraire des paroles aussi mystérieuses que les visions de Jérôme Bosch. Un jour, dit l’homme «j’ai joué de la trompe ainsi tout seul dans un bois splendide», et les oiseaux, 1 111, vinrent se pacifier à mes pieds», et il donne tous leurs noms, huit pages d’un merveilleux poème de plumes.


 

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 Le Discours aux animaux, Valère Novarina. P.O.L, 510 p.***