Dix ans que Russell Banks, l’un des écrivains américains les plus anticonformistes et engagés, n’avait plus publié de roman. Deux fois finaliste du Prix Pulitzer, auteur d’American Darling (2004), Sous le règne de Bone (1995), De beaux lendemains (1991) ou Affliction (1989) ainsi que de plusieurs recueils de nouvelles et de poésie, l’ancien président du Parlement international des écrivains (1998-2004) surprend avec son treizième roman. Crépusculaire et testamentaire, nourri de souvenirs personnels, Oh, Canada se déguise en autoportrait fragmenté dont les impacts biographiques et chronologiques se dispersent des deux côtés de la frontière entre la fiction et la vie. Tout semble vrai et peut-être que tout est faux dans les formes mouvantes de la mémoire de l’écrivain, du narrateur et du personnage principal.