C’est une petite commune genevoise collée à la frontière franco-suisse, connue pour ses terres agricoles, ses établissements pénitentiaires – Champ-Dollon, La Brennaz, Curabilis –… et son rendez-vous classique. Tous les étés depuis dix ans, le Puplinge Classique Festival s’invite dans l’église et la salle communale de ce village de 2500 habitants. Au programme: 12 concerts répartis sur cinq semaines, réunissant musiciens de la scène locale et artistes rayonnant à l’international.

A l’origine de ce rendez-vous musical, le pianiste François-Xavier Poizat, diplômé de la Haute Ecole de musique de Genève et de la prestigieuse Juilliard School à New York. Lorsque cet enfant du coin fonde le festival avec quelques amis mélomanes, en 2009, il n’a que 20 ans. «Et j’étais le plus âgé de l’équipe, précise-t-il. C’était une démarche très humble, spontanée, avant tout née d’une envie de jouer ensemble.»

Mozart et doudouk

La manifestation et son cadre bucolique attirent rapidement sponsors et public, qui afflue du Grand Genève. Aujourd’hui, le festival s’est fait un nom dans la région et, avec 200 personnes par concert, a trouvé son rythme de croisière. Et sa formule: des rencontres musicales dans une ambiance conviviale, avec présentations avant et food-truck après. «Entre l’atmosphère du lieu et le talent des musiciens, il y a certains concerts où le temps disparaît», s’enthousiasme François-Xavier Poizat.

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C’est son récital, mêlant Prokofiev, Liszt et Ravel, qui ouvrira le bal de cette édition anniversaire. Une édition aux airs de rétrospective, puisqu’elle conviera de nombreux habitués du festival, à l’image de Nadège Rochat. La violoncelliste sera de retour pour une soirée consacrée à Schubert aux côtés du Quatuor Terpsycordes, du baryton Günter Papendell et du pianiste Christian Chamorel le 25 juillet. Ou l’Orchestre des jeunes de Suisse romande, dirigé par le Quatuor Sine Nomine pour la huitième fois à Puplinge, qui interprétera notamment le concerto Jeunehomme pour piano de Mozart le 18 août. Et parce que la manifestation a tissé, au fil des années, une relation étroite avec l’Arménie, elle accueillera le 13 août trois musiciens du cru et leur «doudouk», une sorte de clarinette à la voix douce et profonde.

«Une exposition photo retracera également l’histoire du festival, et nous glisserons des clins d’œil dans les bis», précise François-Xavier Poizat. Mais cette rétrospective ne va pas sans son lot de surprises, comme la performance de Kenichiro Kojima, pianiste japonais qui, atteint de dystonie, a concocté un récital pour main gauche seule. Et, chose rare, le festival se donnera en concert de gala au Victoria Hall le 1er septembre, où plusieurs de ses solistes phares se succéderont. L’occasion, pour François-Xavier Poizat, d’atteindre un public plus large encore: «Afin que le monde apprenne que Puplinge existe!»


Puplinge Classique Festival, du 20 juillet au 23 août. Eglise et salle communale de Puplinge (GE).