Lina aime les mots, ceux des autres et ceux avec lesquels elle joue – en poèmes, en performances. Avec Lina, Heike Fiedler s’est donné un alter ego qui, comme elle, parcourt le monde, de festival en atelier, éparpillant ses créations en compagnie de musiciens et d’artistes. Avec ce premier roman, Heike Fiedler relève plusieurs défis: celui du récit développé, elle qui jusqu’ici s’est exprimée par brefs poèmes, nouvelles, pièces sonores et constructions visuelles affichées sur les murs de Genève, où elle vit depuis des décennies. Celui de la langue adoptée: si son art embrasse toutes les possibilités linguistiques, l’idiome maternel de la romancière est l’allemand. L’écriture garde quelque chose d’étranger, indéfinissable mais sensible, dû à ce plurilinguisme assumé.

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