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Quatre pépites pour la fin du NIFFF

D’une haute qualité cette année, le Festival du film fantastique de Neuchâtel s’achève ce samedi. Quelques bijoux à voir dans la cité horlogère, ou à saisir plus tard par d’autres biais

Rideau, samedi soir, sur une 17e édition du Festival du film fantastique de Neuchâtel dont la qualité générale est saluée par les amateurs. Il y a même bousculade dans les spéculations pour le palmarès, avec plusieurs lauréats potentiels, ce qui n’est pas toujours le cas à Neuchâtel. Et les sections parallèles ne sont pas en reste. Pour terminer la fête en couleurs, outre la cérémonie de clôture avec le film d’Edgar Wright Baby Driver, voici quatre perles révélées pendant la semaine, encore montrées ce samedi dès 12h30.

«Mon Ange», de Harry Cleven (Belgique)

Une femme voit grandir son enfant, qui est invisible. Plus grand, celui-ci se rapproche d’une aveugle. Coécrit par le Liégeois Harry Cleven avec le romancier et scénariste Thomas Gunzig (au cinéma, Le Tout Nouveau Testament), ce conte d’abord enfantin, poétique, sensuel, exploite pleinement, mais sans excès, ce point de départ d’une surréalité intimiste. La promenade se révèle touchante, servie par une actrice fascinante. Une rareté.

«Le Serpent aux mille coupures», d’Eric Valette (France)

Le nouveau film d’Eric Valette (La Proie) donne dans le western à l’ancienne, trempé dans le polar, avec accumulation d’imbroglios qui convergent vers la fusillade finale. Dans le sud de la France, une transaction de drogue tourne mal, trois représentants d’un cartel colombien sont assassinés. Cela se passe sous les yeux d’un paysan du coin qui vandalisait les vignes d’un exploitant d’origine sénégalaise, pourchassé par la raciste population locale. Comme de juste, le tueur des Colombiens se réfugie dans la famille du Sénégalais. Deux autres représentants du cartel, dont une épouvantable machine à tuer, arrivent au pays des vignes gorgées de soleil… Avec sa complicité, Eric Valette adapte l’auteur de polars DOA. Le cinéaste raconte avoir modéré un peu la noirceur du roman, en voulant jouer sur les nuances des personnages. Le résultat mêle avec brio film noir, action et touches d’humour.

«Reset», de Chang (Chine)

On a découvert les univers parallèles. En concurrence avec une firme américaine, une société chinoise cherche à allonger la capacité de voyager dans le temps. Une membre de l’équipe, dont le fils est pris en otage, est poussée à trahir au profit d’une organisation criminelle. Les organisateurs du NIFFF posent le cadre en quelques chiffres: la Chine s’approche des 1000 longs-métrages produits par année, rejoignant les 1200 de l’Inde – et loin des 400 longs-métrages américains. Dans le pays, les ouvertures de salles de cinéma s’accélèrent à grande vitesse, générant un marché considérable. Réalisé par un Sud-Coréen, Reset, énorme production couvée par Jackie Chan, montre la vitalité conquérante du cinéma chinois.

«Tragedy Girls», de Tyler MacIntyre (Etats-Unis)

Le film figure dans la catégorie «Ultra Movies», ce qui situe le propos. Deux lycéennes en mal de popularité sur Twitter et YouTube enlèvent un tueur en série, mais puisqu’il ne fait que gesticuler sans rien leur apprendre, elles décident de voler de leurs propres ailes, c’est-à-dire de tuer pour bien rayonner sur les réseaux. Cette gaudriole sanglante représente la veine Grand-Guignol du NIFFF, avec un cynisme contemporain qui sied au propos. Un virage bien pensant en fin de parcours est heureusement contrecarré par une malsaine morale, comme il se doit.


Au NIFFF cette année:

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